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Allocution d’ouverture de V.V.Poutine, Président de la Fédération de Russie, à la conférence internationale «Paix, sécurité, droit international : coup d’oeil sur l'avenir», Saint-Pétersbourg, le 12 avril 2003


14-04-2003

Je suis heureux que le Chancelier de l'Allemagne et le Président de la France participent à notre conférence d’aujourd’hui. Le sujet qui il est supposé de discuter ici est assez actuel. Il s'agit de l’architecture moderne de la sécurité internationale et du rôle déterminant du droit international dans sa formation. Il est évident qu’aujourd'hui, se sont aggravées l’importance et l’interdépendance des problèmes de la sécurité et du droit international.

C’est littéralement pierre après pierre que le monde avait assemblé les normes fondamentales du droit international, les avait édifiées pendant plusieurs décennies et même siècles. Ces règles et principes ne s’appuient pas que sur l’expérience démocratique de l'Europe, mais sur l’expérience tragique des guerres mondiales. Aujourd'hui, au cours de la partie solennelle de notre manifestation, quand on remettait à Monsieur Schröder le titre du docteur en droit honoris causa, on en a déjà parlé.

Cependant, ces derniers temps, se sont également manifestées plusieurs imperfections de la structure du droit international, ainsi que ses différends internes, qui recèlent, selon moi, un sérieux potentiel de conflit.

Les politiciens, les leaders des états s’appuient sur les mécanismes de droit en vigueur. Et le caractère inadéquat de ces mécanismes peut être lourd de graves conséquences. Je suis persuadé que si l’on avait opportunément posé les mécanismes de droit pour résoudre les crises, qui fonctionnent bien, on aurait pu bien plus vite trouver les solutions bien plus efficaces des problèmes mondiaux les plus compliqués. Ceci dit, ce qui est très important, sans dépasser les cadres du champ de droit.

Nous comprenons bien que le monde change à la vitesse d’un éclair. Et il est évident que le système du droit international doit aussi évoluer et se perfectionner, autrement dit, correspondre au monde changeant en un éclair. Mais l'efficacité du droit international dépend de plusieurs facteurs. Et, en premier lieu, de l’unité dans la compréhension des valeurs de la démocratie et de l’humanisme. De la volonté des états et des politiciens de défendre et de promouvoir ces valeurs, en utilisant les mécanismes reconnus du droit international.

A ce propos, je crois extrêmement important de faire augmenter le rôle de la coopération multipartite des états qui, jusqu'à présent, constituait les fondations de la stabilité internationale.

L'ensemble de ces problèmes a été discuté hier au cours de notre conversation avec le Président de la France et le Chancelier fédéral de l'Allemagne. Nous nous sommes encore une fois persuadés que nos points de vue sur les principales positions coïncident pratiquement. L’une d’elles est la reconnaissance du rôle central de l'ONU. Il est important que cette organisation dispose d’instruments efficaces pour résoudre les problèmes globaux de la politique et de la sécurité mondiales.

Toute modernisation de ses mécanismes doit cependant se faire, et j’en suis persuadé et voudrais le souligner, non seulement dans le cadre de l’ONU même, mais en utilisant les procédures qui résident dans les normes du droit international, reconnus par l’Organisation des Nations Unies elle-même.

Certes, ici, les formules toutes prêtes et incontestables n’existent pas. Qui plus est, nous avons plus de questions que de réponses. Et actuellement, il est plus que jamais important de prendre appui sur l’avis de la communauté des experts – juristes, politologues, experts dans différents domaines des relations internationales.

Et la manifestation même de pareil genre, à l’image de celle d’aujourd'hui, permet aux experts non seulement de se réunir, mais de parler publiquement, déclarer leur avis sur cette problématique. Ces manifestations, de mon point de vue, sont très importantes et très opportunes. C’est pourquoi je veux de tout mon coeur remercier l’université, la faculté de droit de l’université de Saint-Pétersbourg de leur initiative. Et, certes, nous attendrons avec impatience les résultats de votre travail, vos idées nouvelles, vos propositions.

Merci beaucoup.