| DEPARTEMENT DE L’INFORMATION ET DE LA PRESSE _______________________________ 119200, Moscou G-200, place Smolenskaïa-Sennaïa., 32/34; tél.:(095) 244-4119, fax: 244-4112 e-mail: dip@mid.ru, web-address: www.mid.ru |
Bonjour, chers collègues, députés de la Douma d'Etat, membres du Conseil de la Fédération, citoyens de la Russie !
Aujourd'hui, en conformité avec la Constitution, je vous présente mon rapport sur la situation dans le pays. Et, avant tout, je dresserai certains bilans.
Les résultats de l'année passée ont pour beaucoup été la suite de ce qui a été commencé il y a trois ans. En ces trois ans, nous avons non seulement bien déblayé les problèmes accumulés – et c'est la vie même qui nous a fait nous en occuper chaque jour pratiquement - mais obtenu certains résultats positifs.
Il s'agit actuellement de faire le pas suivant. Et toutes nos décisions, toutes nos actions doivent servir l'objectif de faire, dans un avenir proche déjà, la Russie occuper solidement une place parmi les états vraiment forts, économiquement avancés et influents du monde.
C’est la tâche d'une qualité nouvelle. L'échelon d'une qualité nouvelle pour le pays. L'échelon inaccessible avant à cause de plusieurs autres problèmes urgents. Cette possibilité existe maintenant. Et nous devons l'utiliser.
La Russie doit être et sera le pays d'une société civique développée et d'une démocratie stable. Il va pleinement garantir les droits de l'homme, les libertés civiles et politiques.
La Russie doit être et sera un pays avec une économie de marché compétitive. Un pays où le droit de la propriété est protégé d'une manière fiable, et où les libertés commerciales permettent aux gens de travailler et de gagner leur vie honnêtement. De gagner leur vie sans crainte et sans limitations.
La Russie sera un pays fort – avec les forces armées modernes, bien équipées et mobiles. Avec une armée prête à défendre la Russie et ses alliés, les intérêts nationaux du pays et de ses citoyens.
Tout cela devra créer les conditions dignes pour la vie des gens. Permettra à la Russie d'être d'égal à égal dans la communauté des états les plus développés.
Et les gens ne vont pas qu'être fiers de ce pays. Ils vont augmenter ses richesses. Ils vont se rappeler et respecter notre grande histoire.
C'est en cela que consiste notre but stratégique.
Mais pour l'obtenir, la consolidation est nécessaire. La mobilisation des forces intellectuelles. Les efforts unis des autorités, de la société civile, de tous les gens du pays.
Sur la base des objectifs compréhensibles et clairs, nous devrons obtenir la consolidation pour résoudre nos principaux problèmes nationaux.
Pourquoi dis-je que c’est vital ?
Toute notre expérience historique témoigne : un pays comme la Russie ne peut vivre et évoluer dans les frontières existantes qu'à condition d'être une puissance. De toutes les périodes de l'affaiblissement du pays – politique ou économique – la Russie a toujours affronté inexorablement la menace de la désintégration.
Oui, certaines réalisations des dernières années ont permis de parler de la stabilisation. Chez certains a même apparu le sentiment que tous nos problèmes sont résolus. Que l'avenir de la Russie est tout à fait prévisible et va bon train. Et que le problème n'était que de savoir si notre économie devait croître de quatre ou de six pour cents chaque année, et combien on pourrait dépenser.
Je veux dire – il n'en est rien. Nous affrontons de graves menaces. Nos fondations économiques, bien que beaucoup plus solides, sont toujours instables et très faibles. Le système politique est insuffisamment développé. L'appareil étatique est peu efficace. La majorité des secteurs de l'économie ne sont pas compétitifs. Cela dit, la population continue de décroître. La pauvreté recule extrêmement lentement. La situation internationale reste compliquée. La concurrence dans l'économie mondiale ne diminue pas.
Nous sommes entourés des pays à économie hautement développée. Il faut être direct : là où ils peuvent, ils repoussent la Russie hors des marchés mondiaux perspectifs. Et leurs avantages économiques évidents stimulent la croissance de leurs ambitions géopolitiques.
Les armes nucléaires continuent de se propager à travers la planète. Le terrorisme menace la paix et la sécurité de nos citoyens. Les armées nationales fortes et bien équipées ne sont pas souvent utilisées pour lutter contre ce fléau, mais pour l'extension des zones de l'influence stratégique des états isolés.
Est-ce que la Russie peut s'opposer sérieusement à ces menaces, si notre société est fractionnée en petits groupes, si nous ne vivons que des intérêts restreints de ces groupes ? Si les tendances parasitiques croissent au lieu de reculer ? Et si ces tendances mêmes sont nourries par l'attitude consentante de la bureaucratie qui voit que le patrimoine national n'est pas ménagé, n'est pas accumulé, mais souvent gaspillé.
Je suis persuadé : sans la consolidation ne serait-ce qu'autour des valeurs et tâches nationales de base, il sera impossible de s'opposer à ces menaces.
Je voudrais rappeler : tout au long de notre histoire, la Russie et ses citoyens ont commis et commettent un exploit vraiment historique. Un exploit au nom de l’intégrité du pays, au nom de la paix et de la vie stable dans le pays. Maintenir un état dans un vaste espace, maintenir une communauté unique des peuples dans les fortes positions du pays dans le monde n’est pas qu’un travail immense. Ce sont encore d’énormes victimes, privations de notre peuple.
C’est cela - la voie historique millénaire de la Russie. C’est cela, le moyen de sa reproduction en tant qu’un pays fort. Et nous n’avons pas le droit de l’oublier. Nous devons en tenir compte, en évaluant nos dangers et nos principales tâches d'aujourd'hui.
Nous sommes capables de les résoudre - en témoignent aussi nos résultats communs, obtenus ensemble au cours des trois dernières années. Oui, nous avons déjà réussi à résoudre plusieurs problème – y compris ceux qui, tout récemment encore, nous semblaient proprement insolubles.
Nous avons enfin, – de jure et de facto – rétabli l’intégralité du pays. Consolidé le pouvoir d’état. Rapproché le pouvoir fédéral des régions. Grâce au rétablissement de l’espace de droit unique, nous avons su nous occuper de près de la délimitation des pouvoirs entre le centre et les régions. Ici encore, il reste beaucoup à faire. Mais nous nous sommes, en tout cas, occupés de près de ce problème. Nous avons entamé la construction des autorités capables, financièrement approvisionnées sur place. Je choisis bien mes termes, comme vous le voyez. Nous n’avons fait qu’entamer ce travail.
Avec l’adoption de la troisième partie du Code civil de la Russie, nous avons terminé l’étape importantissime du travail de codification de la législation. On a aussi adopté le nouveau Code de travail. La législation rénovée, le dialogue systématique avec les syndicats et les entrepreneurs ont commencé à former le marché de travail civilisé.
Nous avons sérieusement avancé dans la création d’une cour réellement indépendante. Adopté les nouveaux Codes de procédure pénale, civile et arbitrale, donnant des garanties supplémentaires des droits de l'homme.
Nous avons perfectionné le système électoral. Dans le pays sont créées les conditions pour le développement d’une société civile à part entière, y compris pour le devenir en Russie des partis politiques réellement forts.
Nous avons substantiellement avancé sur la voie de la réforme fiscale, avons commencé la réforme militaire. En résultat de ce travail compliqué, nous avons réussi à faire la réforme des relations foncières quitter le "point mort". Je rappelle : ce problème est resté une décennie entière une sérieuse barrière économique sur la voie de la démocratie et du marché.
On a fait les premiers pas dans la réforme du système des pensions, des monopoles d'infrastructure, de l’exploitation communale.
Nous avons surmonté ensemble la situation absolument inadmissible, où certains territoires russes se trouvaient de fait en-dehors des limites de la juridiction fédérale. La primauté de la Constitution russe et des lois fédérales – comme l’obligation de payer les impôts dans le trésor fédéral – sont devenues aujourd'hui la norme de la vie pour toutes les régions de la Fédération de Russie.
Ici, je voudrais faire une digression importante à propos du sujet sensible pour nous tous. Dans ma dernière adresse, j’ai parlé du besoin du retour de la République Tchétchène dans l'espace politico-juridique du pays. J’ai parlé des élections libres, de la création des institutions efficaces des autorités républicaines. Et, disons-le crûment, peu nombreux ont été ceux qui y ont cru.
Cependant, un an a passé – et la réalité a confirmé qu’ensemble, nous pouvons obtenir beaucoup. Je voudrais encore une fois remercier ceux qui ont soutenu cette ligne des dirigeants du pays, qui ont participé activement à cette politique, et, bien sûr, ceux qui ont pris une part active à la préparation du référendum constitutionnel en Tchétchénie même.
Aujourd'hui, je remercie expressément le peuple tchétchène. Pour son courage. Pour n’avoir pas se laisser intimider et pour ne pas se laisser intimider aujourd'hui. Pour sa sagesse, invariablement propre aux gens simples, mais sensibles à la vérité. Les gens en Tchétchénie ont senti par leur coeur leur responsabilité et leur intérêt humain. Et, enfin, le référendum a montré que les Tchétchènes s’estiment de droit la partie intégrante de l’unique peuple russe polyethnique.
Oui, nous avons tous dû payer un prix fort pour le rétablissement de l’intégrité territoriale de la Russie. Et nos inclinons nos têtes devant la mémoire des militaires et civils morts de la République Tchétchène. De tous ceux qui, au prix de leur vie, n’ont pas permis de déchirer le pays en morceaux et ont accompli leur devoir jusqu’à la fin.
Le référendum constitutionnel passé dans la république a tiré un trait sous l’époque de l’anarchie. Sous les années où les bandits s’étaient appropriés le pouvoir en Tchétchénie, où les habitants de la République se sont trouvés au sens propre du terme refoulés au Moyen Age, étaient privés de droits de l’homme élémentaires, où l’on organisait régulièrement et démonstrativement dans les rues des villes et des villages tchétchènes des exécutions publiques, où des milliers de gens étaient la marchandise vivante entre les mains des esclavagistes, où ni écoles, ni instituts, ni hôpitaux ne fonctionnaient.
Tout cela est fini.
Mais pour que la vie dans la république se normalise définitivement, on a encore beaucoup, beaucoup à faire. On a à élire sur la base démocratique – en conformité avec la constitution adoptée au référendum – le président et le parlement de la république, former les organes des autorités locales, élaborer et signer le traité sur la délimitation des pouvoirs entre le centre fédéral et la république. Et, bien sûr – rétablir l'économie de la Tchétchénie.
Nous devrons aussi transmettre entre les mains de la milice tchétchène l'organisation dans la république du travail de maintien de l’ordre. De plus, dans le cadre de la poursuite du processus du règlement politique, en commun avec vous, chers collègues, on prépare l’amnistie. Elle va créer les conditions pour inclure à la vie pacifique tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ne l’ont pas fait auparavant, mais s’y sont prêts maintenant.
On devra faire le tout dans les conditions difficiles. Il est évident que les restes des bandits vont chercher, par voie des menaces, des meurtres, des attentats, à intimider les habitants de la République, à saper le processus politique qui avance dynamiquement. Et nous voyons que les attentats perpétrés par les bandits visent le plus souvent la population civile, les simples gens.
Mais nous ferons obligatoirement aboutir ce processus. Les gens en Tchétchénie vont vivre une vie humaine normale.
Estimée audience !
Il y a trois ans, nous avons défini que les plus sérieuses menaces pour notre pays sont la débâcle démographique, la faiblesse économique de la Russie et l’inefficacité de l’état.
Avons-nous réussi à avancer dans la résolution de ces problèmes ? Oui et non. On a des réussites aussi bien que des erreurs graves. Parlons-en aujourd'hui franchement.
Ainsi, on a cité comme un des problèmes gravissimes la réduction du nombre de la population russe. La réduction provoquée, avant tout, par la baisse de la natalité et la croissance de la mortalité.
Ces dernières années, la mortalité de la population a continué de croître. En trois ans, elle a augmenté de 10%. L’espérance de vie attendue a continué de baisser. Un chiffre triste – de 67 ans en 1999 jusqu’à 64 en 2002. Parmi les raisons figurent le fort taux de maladies, la mortalité causé par les accidents, les empoisonnements et le traumatisme. La situation est aggravée par la prolifération des soi-disant “nouvelles” épidémies, y compris la drogue et le SIDA.
Cependant, en ces même trois années, la natalité a augmenté de 18%, la mortalité infantile a baissé de 21%. Actuellement, elle connaît un niveau bas record de toute notre histoire.
Je rappelle que récemment, au sein du Conseil d’Etat, nous avons examiné l'ensemble des problèmes concernant le passage accéléré à la médecine d’assurance. Je suppose que cela aidera à consolider substantiellement la base financière de la protection de la santé. Et, une fois les problèmes organisationnels résolus dans la seconde moitié de l’année en cours dans 16 régions de la Russie, dès l’année suivante déjà, on garantira l’assurance médicale des retraités à l’échelle de tout le pays. J'espère fort que cela deviendra un sérieux soutien pour nos citoyens âgés.
Le Recensement national a montré que, selon les chiffres préliminaires, la population permanente du pays faisait plus de 145 millions de personnes. C’est presque de deux millions de personnes de plus que ne l’ont montré les statistiques courantes, mais aussi de deux millions de moins qu’en 1989.
De quoi ces chiffres parlent-ils ?
Premièrement, de ce que la population du pays continue de se réduire. Plus lentement que selon les statistiques courantes, mais inexorablement.
Deuxièmement, malgré une certaine croissance de la natalité, ce n’est pas elle qui nous faisait “plus nombreux”, mais l’immigration légale. Au total, au cours de la dernière décennie, près de 7 millions personnes de personnes sont venus vivre chez nous – principalement des pays de la Communauté des états indépendants.
C’est un résultat très probant. Et il témoigne que, malgré toutes nos difficultés, la Russie reste un pays attractif pour la vie et le travail des millions de gens.
Il y a trois ans, on a aussi cité parmi un des graves problèmes la mondialisation croissante de l'économie et de toute la vie sociale du monde contemporain. Aujourd'hui, aucun pays, aussi vaste soit-il, aussi riche soit-il, ne peut de développer avec succès, s’il est isolé du reste du monde. Au contraire, le succès vient aux états qui, de manière réfléchie, savante et dynamique, s’intègrent à l'économie mondiale.
En ces trois dernières années, nous avons fait plusieurs pas sérieux sur la voie de l’intégration internationale.
Avant tout, en juin dernier, la Russie a été invitée à devenir membre à part entière du club des huit états les plus développés du monde. En son sein, nous travaillons en commun avec nos partenaires, tant aux garanties de nos intérêts nationaux qu’au règlement des problèmes communs auxquels la civilisation moderne fait face. Un exemple important en est le partenariat global dans la non-prolifération d’armes d'extermination massive. Le démantèlement de ces armes nous aidera à assainir l’écologie de certaines régions de la Russie.
Je voudrais aussi noter que le rating de crédits du pays est devenu le plus haut de toute l'histoire nouvelle de la Russie. Plusieurs compagnies russes sont entrées au nombre des plus importantes compagnies européennes et mondiales. Certaines d’entre elles – pour la première fois depuis les 90 dernières années – ont commencé une sérieuse expansion sur les marchés mondiaux, sont devenues d’importants acteurs des relations économiques internationales, de sérieux concurrents des sociétés étrangères.
Je dois dire que nous avons sérieusement avancé sur la voie de l'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce.
Et, enfin, alors, il y a trois ans, on a qualifié de défi stratégique et de principe pour le pays la faiblesse économique de la Russie.
Qu’y a-t-il de changé depuis ?
D'une part – durant cette période, ont été tracés des changements pour le mieux. Ainsi, la croissance économique s’est poursuivie. En trois ans, le produit intérieur brut du pays a augmenté de 20 pour cents. Les investissements dans le capital de base – de plus de 30%. Le volume physique des exportations des marchandises a augmenté d’un quart, dont les exportations des machines, du matériel, des moyens de transport – de plus de 70%. Les chiffres pas mauvais en général.
Pour la première fois depuis un demi-siècle, la Russie s’est transformée de l’importateur du blé en son exportateur. Depuis 1999, les ventes de nos produits alimentaires sur les marchés étrangers ont triplé.
L’exportation du pétrole, des produits pétroliers et du gaz a augmenté de 18%, et aujourd'hui, la Russie est le plus important exportateur des ressources des combustibles et de l’énergie dans le monde.
Les technologies de l'information ont connu un fort rythme de croissance. La soi-disant “nouvelle économie” croît. La nature de leurs produits a fait de 20 à 30 % par an. Le niveau de l’installation des lignes téléphoniques dans le pays a sensiblement augmenté. Le nombre d’utilisateurs des téléphones portables a doublé chaque année pour atteindre presque 18 millions de personnes. Selon les estimations, aujourd'hui, près de 10 millions de personnes en Russie utilisent Internet.
Ces chiffres montrent que la croissance équilibrée de l'économie nationale – qui se base tant sur les secteurs traditionnels que sur les technologies modernes – est possible.
Le potentiel économique accru du pays a permis d’améliorer la vie des dizaines de millions de gens. Grâce à cette croissance économique, en ces années, presque quatre millions de personnes ont quitté le rang des chômeurs. La possibilité de travailler et de gagner sa vie a sérieusement réduit aussi l'échelle des grèves – de presque 900 mille personnes en 1997 à moins de 5 mille en 2002. Notez-le: dans les conditions de l’activité des syndicats qui ne fait que croître.
Les revenus réels de la population ont augmenté de 32%. Le montant moyen des pensions retraite a fait il y a trois ans encore 70% du minimum vital d’un retraité, et l’an dernier, il a déjà été à son niveau.
Et, enfin, bien sûr, la consommation par personne a augmenté en trois ans de presque un tiers. L’an dernier, ce chiffre a dépassé le niveau non seulement d’il y a trois ans, non seulement celui de l’année de crise 1998 et même de celle d’avant la crise - 1997. Pour être en 2002 au niveau record de toute l'histoire nationale.
Certes, cette énumération des chiffres secs peut paraître peu compréhensible. Mais, je crois, pas à vous. Derrière ces chiffres sont d’importants moyens qui sont devenus réellement accessibles à des millions de nos citoyens. Ces moyens ont contribué à la croissance du bien-être des gens, ont maintenu leur santé, ont permis de résoudre les graves problèmes sociaux du pays.
Cependant, malgré tout ce que je viens de dire, je dois constater : les résultats économiques que nous avons obtenus sont encore assez modestes.
Premièrement, le revenu d’un quart des citoyens russes est toujours inférieur au minimum vital. D’un quart de la population du pays !
Deuxièmement, la croissance économique dans le pays reste extrêmement instable. Ainsi, si en 2000 la fabrication industrielle a augmenté toute l’année durant, en 2002 – au total seulement au cours des 6 mois. Et, comme résultat – ces derniers mois, le chômage a déjà continué de croître.
Et, enfin, troisièmement. Les rythmes mêmes de la croissance économique baissent. L’an dernier – après une croissance de 10% en 2000 – l'économie n’a augmenté que de 4 % et quelques. Cependant, la baisse des rythmes de la croissance entraîne inexorablement celle des rythmes du développement social, ne permet pas de résoudre beaucoup d’autres problèmes qu’affronte le pays.
Nous devons aussi reconnaître : la croissance économique en Russie est due avant tout à l’état favorable de la conjoncture mondiale des dernières années. Grâce à l’amélioration inouïe du commerce extérieur pour notre économie, la Russie a reçu d’importants avantages économiques et de forts revenus supplémentaires.
Une partie de ces revenus a été employée à l'augmentation du niveau de vie de nos citoyens. Une autre partie a été investie dans l'économie russe. Une autre partie encore a été utilisée au remboursement de la dette étrangère de l’état. La dette que nous avons réussi à diminuer d’un quart. Et, enfin, pour beaucoup grâce à ces revenus, nous avons rempli les réserves – et le total des réserves du Ministère des finances et de la Banque centrale, et les propres réserves métalliques et de devises de la BC. Cela dit, elles font aujourd'hui un chiffre record – 61 milliards de dollars. A propos, il y a trois ans, elles ne faisaient que 11 milliards.
Je crois que c’est clair : sans ces moyens, je veux dire – sans la bonne conjoncture du commerce extérieur, nos succès dans le développement socio-économique auraient été beaucoup plus modestes. Et il faut se rappeler que cette situation favorable pour nous ne peut être ni ne sera éternelle.
A ce propos, je veux attirer votre attention à un problème encore. Le total du volume annuel des obligations sociales de l’état fait aujourd'hui 6,5 trillions de roubles. Cela dépasse pratiquement de deux fois la somme du budget consolidé de la Russie. Le pouvoir tant exécutif que législatif ont depuis plusieurs années tant promis aux gens que l'économie russe ne sait tout simplement en produire autant. Qui plus est, sous les slogans populistes, mentant aux citoyens du pays, on augmente le nombre de promesses vides. Certains politiques, malheureusement, aspirent à les augmenter aujourd'hui encore.
En plus des attentes trompées, la croissance des promesses non tenus a pour graves conséquences la baisse de la qualité de la politique économique courante. Cela génère aussi des écarts et des conflits dans les rapports interbudgétaires. Dans les conditions où la croissance des frais étatique avance plus vite que celle de l'économie réelle, il est difficile de s’attendre à autre chose.
Je crois, estimés membres des deux chambres de l’Assemblée Fédérale et estimés chefs des régions, que nous tous devons depuis longtemps mettre fin à la politique pareille. Les autorités ne peuvent pas, ne doivent pas, n’ont pas le droit de tromper les citoyens de leur propre pays. Si nous avons promis quelque chose aux gens, il faut obligatoirement le faire. Ou il vaut mieux ne rien promettre, ne pas le faire.
Et une dernière chose. Les tarifs régulés par l’état des produits et des prestations des monopoles d'infrastructure croissent au rythme qui dépasse la croissance des prix dans le secteur libre de l'économie russe. Le résultat en est l’augmentation de la redistribution des ressources économiques en faveur du secteur monopole, et son poids spécifique dans l’économie russe augmente. Cela dit, ce secteur monopole ne fait pas preuve de haute efficacité. Ainsi, les monopolistes étouffent le secteur compétitif de notre économie. Le Gouvernement devra le suivre de plus près. La poursuite de la pareille politique est la voie évidente vers la stagnation.
La conclusion de tout cela est évidente : même en présence des tendances et indices positifs que je viens de citer - conjoncture étrangère favorable et situation politique stable – ils n’ont jamais été, intégralement, en tout cas, utilisés pour la réalisation de nos objectifs stratégiques.
Chers députés !
Chers membres de l’Assemblée Fédérale !
Les trois ans passés ont aussi montré ce que nous pouvons réellement obtenir, si nous travaillons ensemble et pour obtenir le résultat commun.
Ils ont montré que la Russie est un pays qui n’est pas du tout voué aux crises et à la végétation. Que le peuple russe est plein de talents, d’initiative et d’entreprise. Qu’il sait travailler et est digne d’une vie meilleure. Qu’il est capable de l’obtenir, certes, à condition de ne pas l’en empêcher. Au moins de ne pas l’empêcher. Mieux encore est, si on l’aide.
Je crois que notre résultat de principe devra être le retour de la Russie parmi les états riches, développés, forts et estimés du monde.
Mais ce retour de la Russie n’aura lieu que quand la Russie deviendra économiquement puissante. Quand elle ne dépendra plus des aumônes des organismes financiers internationaux ou des tours imprévisibles de la conjoncture du commerce extérieur.
Cela ne sera possible que dans les conditions d’une croissance stable et rapide. D’une croissance qui se base sur l'utilisation de tous les facteurs, intérieurs comme extérieurs, traditionnels et modernes, nationaux et étrangers.
Et, enfin, la croissance rapide et stable ne pourra avoir lieu que quand on fabriquera des produits compétitifs. Tout devra être compétitif chez nous – marchandises et prestations, technologies et idées, business et l’état même, les compagnies privées et les institutions étatiques, les entrepreneurs et les fonctionnaires, les étudiants, les professeurs, la science et la culture.
Cependant, la croissance économique est encore parfois opposée aux réformes. On dit qu’il est dangereux de les fouetter. Qu’il est bien plus important de faire des transformations et des réformes structurelles. Je veux dire à ce propos mon avis: cette opposition est sujette à caution, en tout cas. On n’a pas besoin de réformes pour les réformes. On n’a pas besoin de la révolution permanente.
Il est évident que c’est l'initiative privée qui est le moteur de la croissance économique – tant du business russe qu’étranger, qui travaille sur le territoire russe. Il est aussi évident que le business russe même doit devenir moderne – entreprenait, flexible, mobile. Il doit devenir le digne continuateur des grandes traditions de l'entreprise russe. Et il devrait augmenter de patriotisme.
Je répète encore une fois : le succès du pays dépend dans un immense degré du succès de l’entrepreneur russe.
Et, enfin, la politique de la croissance économique ne saura être opposée à la politique sociale. Je voudrais souligner : on a besoin de la croissance économique avant tout pour l'augmentation du bien-être des citoyens. Y est directement liée la solution de plusieurs problèmes courants. Ce sont une nourriture de qualité, un logement confortable et bon, l’approvisionnement ininterrompu en électricité et en eau chaude. Ce sont un bon enseignement et une protection moderne de la santé. C’est la protection contre les accidents et les cataclysmes. C’est, enfin, une espérance de vie plus grande.
A l’époque, nous avons dit que dans le monde moderne, la dure concurrence fait la norme. Et c’est pourquoi notre capacité de faire concurrence, la volonté de mener la lutte pour les ressources et l’influence définissent directement la situation à l’intérieur du pays et le poids de la Russie dans les affaires internationales.
Cette approche aux perspectives de notre développement a été entendue et perçue dans la société russe.
Pratiquement toutes les forces politiques influentes et nos citoyens sont tombés d'accord que la forte compétitivité du pays doit devenir l’objectif importantissime. Maintenant, nous devons obtenir que cet objectif soit présent dans l’activité pratique des autorités publiques et locales.
Cependant, la bureaucratie russe a été mal préparée à la mise au point et à l'application des décisions, adéquates aux besoins modernes du pays. Et, au contraire, elle s’est plutôt bien adaptée à tirer, comme on dit, “la rente administrative” de sa situation. J’en ai parlé l’an dernier encore.
Des problèmes de l’inefficacité de l’état, nous en avons aussi parlé il y a trois ans, nous avons souligné que la faiblesse de l’état anéantit les réformes économiques et autres.
Notre bureaucratie possède aujourd'hui encore d’immenses pouvoirs. Mais le nombre des pouvoirs entre ses mains ne correspond toujours pas à la qualité des autorités. Je dois souligner que ce pouvoir a dans un grand degré pour source rien d’autre que les fonctions excessives des organes d’état. Cela dit, malgré l’immense nombre de fonctionnaires, le pays connaît une terrible pénurie des effectifs. La pénurie à tous les niveaux et dans toutes les structures des autorités, la pénurie en gestionnaires modernes, en gens efficaces. Ce que je viens de dire constitue le fonds, sur lequel il faudra faire la réforme administrative vitale pour le pays.
Comme vous le savez, le Gouvernement a fait l’inventaire des fonctions des ministères et administrations. Il en a compté près de cinq mille. Mais au cours de ce travail, on a trouvé que presque chaque administration croit que ses fonctions ne sont pas à réduire, mais à étendre, y compris grâce à la réduction des fonctions des autres administrations voisines.
Bien que l’on comprenne la difficulté de la tâche, malgré toutes les difficultés qui se sont manifestées, la réforme administrative néanmoins traîne trop.
On devrait aider le Gouvernement. Il est évident qu’on a besoin d’une impulsion politique supplémentaire. Bien sûr qu’on va la donner.
Je crois qu’il ne faut pas persuader la bureaucratie de réduire ses appétits, mais la limiter par des directives. Il faut faire la réduction radicale des fonctions des organes d’état. Certes, cela devra être calculé avec toute la précision. Autrement, on ne pourrait pas résoudre ce problème. Il faut le faire sur la base de l’inventaire que la commission gouvernementale termine. Faire en liaison avec l'ensemble des décisions de délimitation des pouvoirs entre les niveaux des autorités et les garanties de leur autonomie financière.
Parallèlement, il faudra former un mécanisme efficace de la résolution des différends entre les citoyens et l’état grâce au perfectionnement des procédures administratives et des mécanismes judiciaires.
Quelques mots sur les tâches socio-économiques prioritaires. On entend souvent dire que l’économie russe n’a pas besoin des augmentations et des “assauts” qualitatifs. Que nul besoin n’est de grands projets nationaux, qui donnent d’importantes augmentations stratégiques. Et qu’il est tout à fait suffisant d’être consécutifs uniquement dans la tenue de la politique déjà existante, même si elle n’apporte pas de forts rythmes de croissance tant attendus.
Je veux noter : avec cette attitude, avec cette crainte de faire un choix important (et il ne s’agit certainement pas de projets à grande échelle dans l'esprit de la période de stagnation), nous ne pourrons pas avancer rapidement et qualitativement. Mais je crois que le problème du choix réel des sources de la croissance n’apparaîtra qu'avec le besoin urgent de résoudre une tâche concrète.
Cette tâche existe, elle est tout à fait réaliste, bien qu’extrêmement compliquée.
En une décennie, nous devons au moins doubler le produit intérieur brut du pays.
Doubler le PIB est une tâche système et, bien sûr, à grande échelle. Elle exigera une profonde analyse et la précision des approches existantes de la politique économique. Mais l’essentiel de ce qu’on devra y faire, ce dont nous aurons besoin – c’est encore la consolidation des forces politiques, de la société. La consolidation de toutes les autorités. Le groupement des meilleures forces intellectuelles. Le soutien des structures socio-politiques. La coopération du parlement et du gouvernement. La recherche conjointe des voies optimales de la solution de la tâche vraiment stratégique, importantissime pour la vie, historique pour la Russie.
Je suis persuadé qu’en Russie existent déjà toutes les conditions pour mettre et réaliser de pareilles tâches. Qu’il existe la possibilité de commencer réellement l’édification à large échelle d’une économie moderne et forte. Finalement – la formation d’un état compétitif dans tous les sens du terme.
Une autre grande tâche qu’on a à résoudre ensemble – c’est l'obtention d’une convertibilité totale du rouble. Une convertibilité non seulement intérieure, mais aussi extérieure. Non seulement pour les opérations courantes, mais fondamentales. Je rappelle que dans le passé, la Russie a eu une des devises les plus stables et chères du monde. La valeur du "rouble or" égalait celle de la puissance même.
Je dirai directement : le pays a besoin du rouble qui circule librement sur les marchés internationaux. Elle a besoin d’une liaison forte et fiable avec le système économique mondial.
Et la Russie, qui est devenue membre à part entière des huit états les plus développés du monde, doit, bien sûr, résoudre cette tâche.
L'obtention de ce but deviendra un des réels facteurs de l’intégration de la Russie dans l'économie mondiale. Et pour les simples citoyens de notre pays, cela voudra dire en pratique, qu’en voulant faire un voyage à l’étranger, il suffira de se munir de son passeport et des roubles russes.
La politique fiscale devra avoir toujours pour principes de base la simplicité de la comptabilité fiscale et l’utilisation des normes juridiques, l'égalité des sujets fiscaux et un niveau raisonnable de l’imposition.
Quelques mots sur ce sujet. La réforme fiscale, malheureusement, devient chez nous constante et ininterrompue. Oui, les mesures proposées par le gouvernement pour diminuer le joug fiscal constituent le mouvement, certes, dans la bonne direction. Mais la fréquence des changements proposés à la législation fiscale dépasse nettement le niveau admissible. Disons-le directement – cela témoigne de la qualité du travail. De la mauvaise qualité du travail. Cela freine la planification de la vie de tous – et de l’état, et des entrepreneurs, et des citoyens.
Actuellement, dans sa politique fiscale, le Gouvernement a pour la première fois passé de la planification annuelle à celle à moyen terme. Récemment, a été approuvé le programme des changements fiscaux pour les trois ans à venir. C’est, certes, un pas correct, important et nécessaire.
Maintenant, il faudra continuer d’avancer : élaborer les contours du système fiscal qui existera en Russie pendant de longues, longues années.
Je veux m’arrêter sur un sujet encore, très important et qui touche un immense nombre de gens – le problème de la citoyenneté.
A présent, plus d’un million de personnes qui sont venues chez nous après la désintégration de l'Union Soviétique et avant l’adoption de la nouvelle législation sur la citoyenneté, se sont trouvées dans la situation gravissime. Nous avons tout récemment discuté ce sujet avec les leaders des groupes de la Douma d'Etat.
Ces personnes, qui sont arrivées chez nous, ont vécu et travaillé en Russie, participé à sa vie politique, beaucoup d’entre elles ont servi dans l’armée russe. Et maintenant, elles sont des apatrides dans leur propre pays.
Les lois adoptés l’an dernier ont été appelées à mettre de l'ordre dans les flux migrationnels, les rendre transparents. Ce qu’il en a résulté ne contribue pas à la solution de ces tâches, bien au contraire, crée de graves problèmes pour un grand nombre de gens. Je crois que notre devoir est de corriger cette situation. Je suis d'accord là-dessus avec les leaders des groupes parlementaires. Réfléchissons donc et apportons des corrections appropriées.
Nous n’avons, certes, pas besoin d’interdictions et d’obstacles, nous avons besoin d’une politique d’immigration efficace, profitable pour le pays et commode pour les gens. Surtout pour les habitants de la Communauté des états indépendants. Pour ceux qui nous sont proches et avec qui nous nous comprenons bien. Avec qui nous parlons la même langue. Ce sont les gens de notre culture russe commune.
Chers collègues,
La Russie aspire et va maintenir les rapports d’amitié, de bon voisinage avec tous les pays du monde et résoudre ensemble les problèmes communs, défendre les intérêts communs.
La politique étrangère russe a pour tâche principale la mise en pratique de nos intérêts nationaux. Cela dit, le principe de base reste le respect des normes du droit international.
Les événements de la dernière année ont de nouveau montré que la garantie des intérêts nationaux a également besoin d’une diplomatie efficace et d’un potentiel défensif fiable de la Russie.
Dans le monde moderne, les rapports entre les états sont dans un grand degré définis par l'existence de graves menaces internationales – réelles et en puissance. Parmi ces menaces, nous citons le terrorisme international, la prolifération d’armes d'extermination massive, les conflits régionaux, territoriaux, la drogue.
Cela dit, nous croyons qu’il est extrêmement important qu’au cas de l'aggravation de telle ou telle menace – pour la communauté internationale en général et pour un pays isolé – agisse tout de même le mécanisme clair, transparent et universellement reconnu de la prise des décisions. Sûrement, l'Organisation des Nations Unies et son Conseil de Sécurité restent ce mécanisme importantissime.
Oui, les décisions au Conseil de Sécurité ne sont pas toujours simples à prendre. Et parfois, ne sont pas prises du tout. Il arrive que les initiateurs de telle ou telle résolution manquent simplement d’arguments pour persuader les autres pays qu’ils ont raison. Les décisions de l’ONU ne plaisent, certes, pas toujours et à tous. Mais la communauté internationale ne possède pas d’autre mécanisme, d’autant plus universel. Il faut le ménager.
Certes, la modernisation et l'augmentation de l'efficacité du travail des internationales organisations sont nécessaires. Et la Russie est ouverte pour discuter de pareilles questions.
Je crois que ces approches aux affaires internationales sont civilisées et correctes. Ces approches ne sont pas dirigées pour ni contre personne. C’est notre position. Notre position de principe. Et nous allons nous y tenir dans l’avenir.
La Russie a été un des premiers pays qui ont affronté la grave menace du terrorisme international. Comme nous le savons tous, il n’y a pas longtemps, cela menaçait l’intégrité territoriale même de la Fédération de Russie. Après les tragédies horribles connues, causées par les attentats, dans le monde s'est formée la coalition antiterroriste. Formée avec notre active participation, en coopération avec les Etats-Unis d'Amérique, avec d'autres pays, et, dans la situation en Afghanistan, a montré sa forte capacité dans la lutte contre la menace de la terreur.
La Russie tient à la communauté antiterroriste formée, y tient comme à un instrument de la coordination des efforts interétatiques dans la lutte contre ce fléau. Qui plus est, le succès de la coopération au sein de la coalition et sur la base du droit international peut devenir un bon exemple de la consolidation des états civilisés dans la lutte contre les menaces communes.
Je soulignerai une fois de plus : la Russie est intéressée à un ordre mondial stable et prévisible. Lui seul est capable de garantir la stabilité globale et régionale et, en général, le progrès politique et économique. Va contribuer à la lutte contre la pauvreté dans le monde –c’est une des tâches importantissimes.
La consolidation des relations avec les pays de la Communauté des états indépendants reste notre priorité inconditionnée de la politique extérieure. Ces pays sont nos proches voisins. Nous sommes unis par les liens historiques, culturels, économiques séculaires. L’interdépendance de notre développement est aussi évidente. De plus, des dizaines de millions de Russes y vivent.
Et je dois dire directement : nous considérons l'espace de la CEI comme le domaine de nos intérêts stratégiques. Nous partons aussi du fait que pour les états de la Communauté, la Russie est la zone de leurs intérêts nationaux. Cela dit, notre pays est intéressé à la stabilité et au progrès économique dans l’espace de la CEI.
Je veux souligner que les processus économiques unificateurs qui se passent au sein de la CEI, sont liés à l'intégration de nos pays dans l'économie mondiale et aident à effectuer cette intégration dynamiquement, aux conditions plus favorables pour tous nos partenaires. Cela dit, nous allons approfondir de manière consécutive la coopération dans le cadre de la Communauté économique eurasiatique qui travaille toujours plus efficacement.
De plus, les événements dans le monde confirment la justesse et l’opportunité du choix que nous avons fait en faveur de la création de l’Organisation du Traité sur la sécurité collective. Car il existe à proximité immédiate plusieurs sources de l'apparition des menaces réelles, pas imaginaires – le terrorisme, la criminalité multinationale, l’intervention de la drogue. Ensemble avec nos partenaires du TSC, nous devons garantir la stabilité et la sécurité sur une grande partie de l’espace de l’ex-Union Soviétique.
Un élément important de notre politique étrangère est un large rapprochement et une réelle intégration dans l'Europe. Certes, il s'agit d’un processus compliqué et long. Mais c’est notre choix historique. Il est fait. Il est mis en pratique de manière consécutive. A cette étape – à travers l'intensification des relations bilatérales, le développement du partenariat stratégique avec l'Union Européenne, à travers la participation active au travail du Conseil de l'Europe.
Ensemble – dans l’intérêt des citoyens de la Russie – nous avons trouvé le compromis politique sur le problème du transit entre de la région de Kaliningrad et le reste du territoire de la Fédération de Russie.
Il est aussi évident que nos intérêts, les intérêts de la “Grande Europe”, exigent de nouveaux pas qualitatifs réciproques. Y sont intéressés les citoyens, les communautés d’affaires, culturels, scientifiques des pays européens et de la Fédération de Russie. Nos initiatives concernant la perspective du développement des processus paneuropéens sont connues. Ce sont la garantie du libre déplacement des citoyens, la formation d’un unique espace économique.
Ce n’est pas une perspective des plus proches. Pour réaliser les objectifs mentionnés, on devra suivre une voie compliquée, assez longue. Mais l'évolution des processus paneuropéens permet de parler de la réalité absolue de ces projets. Et elle est activement soutenue par plusieurs de nos partenaires dans l'Union Européenne.
Maintenant, à propos de la modernisation de notre organisation militaire.
Dans la réforme militaire, les problèmes clé sont un réarmement substantiel, le perfectionnement des principes de recrutement et l’amélioration de la structure même des forces armées.
Une armée forte, professionnelle et bien armée nous est nécessaire pour un développement calme et pacifique du pays. Cette armée doit être capable de défendre la Russie et ses alliés, ainsi que de coopérer efficacement avec les forces armées des autres pays dans le cadre de la lutte contre les menaces communes.
En conformité avec les plans approuvés, nous poursuivrons la formation dans l’armée de terre, les troupes aéroportées, les marines des unités professionnelles constamment en alerte. Ce travail devra être achevé en 2007. De plus, le service dans les troupes de l’intérieur et les gardes-frontières va se baser sur les principes professionnels.
En une langue simple et claire (cette conséquence n’est pas la seule, mais très importante), cela veut dire ce qui suit : si la Russie, dans les points chauds et dans les conflits locaux, Dieu nous en garde, affronte ces défis, ne devront y participer que les unités bien préparées, professionnelles.
Je veux aussi noter que l’on commencera à professionnaliser par les sergents de nos Forces armées.
A partir de 2008, la durée du service obligatoire devra être réduite à un an. Les six premiers mois, les recrues vont apprendre à maîtriser les spécialisations militaires dans les unités d'étude. Ensuite, ils pourront choisir - ou servir les six mois qui restent dans les unités de ligne, ou signer le contrat de service professionnel. Ceux qui auront servi 3 ans sous contrat, doivent recevoir des préférences, y compris le droit garanti d’enseignement supérieur aux frais de l’état.
On a aussi adopté la décision de principe sur l’utilité de l’admission au service professionnel dans l’armée russe des citoyens des pays de la Communauté des états indépendants. Après trois ans de service sous contrat, ils auront le droit à la citoyenneté russe selon une procédure simplifiée.
Beaucoup de ce que je viens de dire exigera la formalisation législative. A ce propos, j’espère votre soutien – le soutien de l’Assemblée Fédérale.
Dans la période qui vient, on devra substantiellement améliorer l’équipement de nos forces armées en armes modernes. Le programme approprié de réarmement, comme vous le savez, est mis au point, approuvé et va sûrement être appliqué.
La consolidation et la modernisation des forces nucléaires de dissuasion deviendra une sérieuse composante de la réforme des forces armées.
De plus, aujourd'hui, je peux vous informer qu’à l’étape de la mise en pratique sont les travaux de la création de nouveau types d’armes russes, d’arme de la nouvelle génération. Y compris celles que les experts qualifient de stratégiques. Ces armes permettront de garantir la capacité à la défense de la Russie et de ses alliés à long terme.
Je répète encore une fois : le pays a besoin d’une armée sur le pied de guerre. D’une armée avec les officiers intellectuels, avec les sous-officiers hautement professionnels. Enfin – avec les soldats qui veulent sincèrement et sont prêtes à servir leur Patrie.
Chers députés !
Chers membres du Conseil de la Fédération !
Les perspectives du développement de la Russie et la solution de beaucoup de nos problèmes seront dans un grand degré déterminés par les bilans de l’événement politique principal de l’année – les élections à la Douma d’Etat. Je ne peux pas ignorer cet événement importantissime dans la vie du pays. Cette importante étape dans le devenir de notre démocratie.
Ces dernières années, les rapports entre les législateurs et le pouvoir exécutif se sont qualitativement améliorés. L'opposition a été remplacée par une coopération constructive, basée sur un échange de vues fourni, sur une critique pondérée. L’interaction est arrivée.
Je crois que l’indice importantissime de l’assainissement spirituel de notre société, c’est la solidarité dont font preuve les politiques responsables dans les problèmes de la lutte contre le terrorisme international, du maintien de l’intégrité territoriale du pays et du soutien de nos efforts dans l’arène de la politique étrangère. Je le dis sans exagération aucune : je remercie sincèrement ces hommes politiques du pays. Et les hommes politiques de l’orientation politique tout à fait diverse.
Je voudrais aussi remercier les représentants de tous les groupements des députés pour leur travail actif en commun.
Dans le même temps, certaines particularités de la vie politique nationale suscitent aussi la préoccupation. Avant tout, les mécanismes du financement des partis politiques restent pour les électeurs toujours un “top secret ”. Le marché des technologies préélectorales et autres technologies politiques est aujourd'hui dans un grand degré un des secteurs de l'économie parallèle. J'espère que sous peu déjà, notre travail conjoint assurera une plus grande transparence de la vie des partis, fournira aux gens plus d'information objective Et, comme résultat – plus de chances de faire un choix correct.
L’opacité des opérations financières sur la scène politique est complétée par les positions idéologiques mal définies, et parfois, disons-le directement, par une certaine hypocrisie politique. J’explique ce dont je parle : parfois les députés que l’on dit libéraux et partisans des théories économiques progressistes, votent en pratique pour les projets des lois qui sont dévastateurs pour le budget de l’état. Et ils comprennent bien ce qu’ils font. Et ceux qui ne se gênent pas de qualifier publiquement les entrepreneurs autrement que de “brigands” et de “vampires”, font sans honte aucune du lobbying des intérêts des grandes compagnies.
Les partis parlementaires sont la composante de la machine étatique et politique, et parallèlement, de la société civile. J’ajouterai – leur composante la plus influente, et donc, la plus importante. Nous sommes tous intéressés à l'approfondissement de la coopération des structures des partis avec les régions du pays, avec les citoyens et les organisations sociales.
Il est évident que les contacts actifs avec les gens ne peuvent ni ne doivent se limiter aux cadres des débats préélectoraux et aux dates des campagnes électorales. Seul une liaison quotidienne de l’état et de la société, que peuvent et doivent garantir les grands partis, est capable de préserver le pouvoir des graves erreurs politiques.
Nous parlons souvent de la grandeur de la Russie. Mais la grande Russie n’est pas qu’un grand état. C’est, avant tout, une société moderne, développée, qui n’apparaît pas d’elle-même.
Une société civile à part entière n’apparaît que dans les conditions d’une réduction radicale des fonctions de l’appareil étatique, de la méfiance surmontée entre différents groupes sociaux.
Mais l’essentiel – cela ne sera possible que dans les conditions de l’unité nationale dans l’évaluation des tâches stratégiques posées devant le pays. La création de ces conditions sans la participation active des partis politiques est impossible.
Je crois que les futures élections à la Douma d’Etat seront encore une étape du développement de notre système multiparti, de l’évolution vers une plus grande ouverture des intentions, une plus grande efficacité des actions, une plus grande responsabilité devant le peuple de la Russie.
Un pouvoir fort et responsable, basée sur la consolidation de la société, est nécessaire pour le maintien du pays. Sans un pouvoir fort, la percée vers l’avenir est impossible.
Je voudrais souligner une fois de plus : nous faisons face aux graves problèmes et menaces. Et il faut être courageux et intelligent pour survivre dans une concurrence acharnée dans le monde.
Et nous ne devons pas que survivre. Nous devons posséder un substantiel avantage économique, intellectuel, moral et militaire. Ce n’est qu’ainsi que nous conserverons nos positions parmi les plus importantes puissances de la planète.
C’est pourquoi parmi nos tâches importantissimes, j’en ai déjà parlé aujourd'hui et je le répète, sont, selon moi, celles qui suivent :
augmentation du produit intérieur brut de deux fois ;
pauvreté surmontée ;
modernisation des Forces armées.
Je crois que la société est en l'état d’obtenir ces résultats avant 2010. Je crois que la base pour réaliser ces objectifs, ce sont la consolidation des forces sociales, l’intangibilité de la Constitution de la Fédération de Russie et des droits et libertés garantis des citoyens.
J'appelle tous ceux qui croient que les tâches formulées sont prioritaires pour le pays à une mobilisation intellectuelle, à la mise au point des approches communes et à la concertation des plans concrets.
J’ai déjà dit que je soutenais le cap commun sur le renforcement du rôle des partis dans la vie sociale. Et, compte tenu des résultats des futures élections à la Douma d’Etat, j’estime possible de former un gouvernement professionnel, efficace, s’appuyant sur la majorité parlementaire.
En terminant mon intervention, je veux dire : l’union de nos efforts est possible – si les principales forces politiques possèdent la responsabilité civile pour un travail collectif.
Je suis persuadé que la Russie s’élèvera forcément à la hauteur digne de son potentiel.
La consolidation de toutes nos ressources intellectuelles, autoritaires et morales permettra à la Russie d’atteindre les plus grands buts.
Les grands buts dignes d’un grand peuple.
Souhaitons-nous du succès.
Merci pour votre attention.