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Traduction non-officielle du russe


Intervention de S.V.Lavrov, représentant permanent de la Russie près l'ONU, à la séance officielle du Conseil de Sécurité consacrée au problème irakien, le 27 mars 2003


763-28-03-2003

Contre l'Irak - un état souverain et membre ONU – sont déployées les hostilités non sanctionnées, qui violent le droit international et éludent les Statuts de l'ONU. Le nombre de victimes et de destructions augmente. La menace d'une catastrophe humanitaire, économique et écologique est imminente. Les conséquences négatives de cette action militaire contraire au droit se font déjà sentir dans d'autres pays de la région, dans le monde islamique et dans l'état général des relations internationales.

La Russie avec les autres états a déployé des efforts énergiques, visant à ne pas admettre la guerre et aboutir au règlement politique du problème irakien. La résolution du CS 1441, prise à l'unanimité en novembre 2002, couplée à d'autres mesures de l'influence sur Bagdad, avait ouvert la réelle voie au désarmement de l'Irak par les moyens pacifiques en entière conformité avec les décisions de l'ONU.

Bien malheureusement, cette possibilité a subi un échec juste au moment où l'Irak coopérait toujours plus activement avec les inspecteurs, et où la CCVINU et l'AIEA avaient présenté au CS leurs programmes de travail, dont l'exécution aurait permis de donner la réponse définitive et objective à la question de la possession par l'Irak d'armes d'extermination massive.

Les actions militaires des USA et de la Grande-Bretagne contre l'Irak, qui violent les résolutions du CS, ne peuvent être justifiées en rien. Ces pays n'ont jamais pu fournir de preuves de leurs affirmations sur la présence en Irak des AEM, sur le soutien par Bagdad du terrorisme international, ni sur une menace pour les pays de la région et la sécurité internationale, partant de l'Irak. Au cours des actions militaires, on n'a su non plus trouver de preuves confirmant les accusations citées. Il est clair pour tous que l'usage de la force contre l'Irak est fait dans le but du changement du régime politique d'un état souverain, ce qui contredit directement les principes fondamentaux des Statuts de l'ONU.

Tout le cours des événements confirme l'évaluation de la guerre en Irak, faite par les dirigeants russes, comme une grave erreur politique. Les hostilités ont déjà dépassé les cadres locaux. En souffre la population non seulement de l'Irak, mais des pays voisins. Elles sont devenues la source en puissance de la déstabilisation de la situation au Proche-Orient et dans le monde en général.

On est sérieusement préoccupé par la situation humanitaire en Irak. Nous soutenons les efforts entrepris par le Secrétaire Général en interaction avec les programmes humanitaires et les fonds de l'ONU pour satisfaire les besoins de la population irakienne.

La Russie fait son apport à ces efforts. En interaction avec les gouvernements des pays correspondants et l'OHCR de l'ONU, on prend des mesures pour prêter l'aide humanitaire aux réfugiés irakiens. On entend déployer sur le territoire iranien un hôpital pour 5 mille personnes, puis encore deux hôpitaux et un camp pour les réfugiés. De plis, il est prévu de créer des camps des réfugiés sur le territoire de la Turquie.

Nous voulons surtout souligner le besoin de l'application entière de la IVe Convention de Genève, conformément à laquelle les forces qui occupent le territoire de l'Irak assument la responsabilité pour la solution des problèmes humanitaires de la population qui se trouve sur ce territoire.

Certes, toutes les parties doivent observer toutes les autres normes du droit humanitaire international, surtout en ce qui concerne le traitement des blessés et des prisonniers de guerre, la défense des civils, la préservation des objets d'approvisionnement de la population, la prévention de l'usage des moyens de guerre qui causent un dommage excessif.

Compte tenu des circonstances extraordinaires, dans lesquelles a été mise la population irakienne, nous sommes prêts ensemble avec les autres membres du CS à résoudre aussi le problème de la modification provisoire des procédures du programmes «Le pétrole contre les vivres» pour satisfaire les besoins humanitaires des Irakiens dans la situation, où, à cause de la guerre, le personnel international de ce programme a été évacué. Mais nous ne soutenons pas les tentatives de transformer le mécanisme du programme humanitaire pour qu'il réponde aux besoins du scénario militaire. Ce n'est pas un problème technique.

Aussi importants que soient les problèmes humanitaire, il n'y a actuellement de tâche plus urgente que d'essayer d'arrêter la guerre, faire la situation reprendre le lit du règlement politique dans le cadre du Conseil de Sécurité. En faveur de cela, est intervenue la majorité écrasante des participants de notre discussion.

En cherchant à atteindre ce but, nous allons toujours nous prononcer contre les tentatives de la légitimation directe ou indirecte de la frappe contre l'Irak ou d'en remettre la responsabilité à la communauté internationale en la personne de l'ONU. C'est à partir de ces positions que nous allons travailler à toute décision du Conseil de Sécurité liée au règlement irakien. Les principes importantissimes, qui doivent résider à la base de tout ce travail, ont été formulés hier par le Secrétaire Général. Ce sont le respect de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l’indépendance de l'Irak et du droit du peuple irakien de définir lui-même son avenir politique et contrôler ses ressources naturelles.

Les dirigeants russes sont en contacts intenses avec un vaste cercle d'états, y compris les membres du CS, afin de trouver l'issue politique de la crise. Les conditions objectives pour cela existent toujours. Les possibilités de l'ONU sont loin d'être épuisées, et c'est reconnu même par les partisans du règlement par la force.

Nous sommes ouvert au dialogue avec tous et sommes persuadés que les différends sur le problème irakien ne doivent pas devenir le prétexte pour glisser vers la confrontation dans les affaires internationales. Car quelle que soit l'évolution de la situation autour de l'Irak, nous n'éviterons pas le besoin de chercher en commun une réponse efficace aux nouveaux menaces et défis, de consolider les mécanismes adéquats de l'ONU. L'intérêt objectif de la communauté internationale à un règlement collectif mutuellement avantageux des problèmes globaux ne peut pas devenir l'otage de la situation autour de l'Irak. Mais de notre pouvoir de minimiser par les efforts concertés le dommage de la crise irakienne dépend directement, dans quel monde nous allons vivre - celui qui serait fondé sur la primauté du droit international, ou dans les conditions du chaos et de l'arbitraire de la force militaire.