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Nous sommes reconnaissants au Président du Conseil de Sécurité pour avoir présenté à l'examen de la dernière séance du CS de ce mois le sujet des conflits en Afrique dans la lumière du voyage éventuel sur le continent des deux missions du Conseil. Le cours de la discussion a montré une grande utilité pratique de cette manifestation. L'échange de vues aidera certainement les membres du CS dans leur travail au cours de leur voyage en Afrique.
La Russie partage l'idée universellement reconnue du lien existant entre la paix et le développement. Nous soutenons la formation de l'approche d'ensemble et globale au règlement et à la prévention des conflits, à l'éradication de la misère, à la garantie du développement et au renforcement de la démocratie sur le continent africain. Nous partons du fait que la priorité devra aller à l'utilisation des méthodes politico-diplomatiques, à la neutralisation des facteurs favorisant l'apparition et la poursuite des conflits. Nul doute que le rôle clé dans cette affaire appartient aux Africains mêmes.
La Russie participe activement aux efforts pacificateurs en Afrique. Les représentants russes sont impliqués à toutes les opérations de l'ONU de maintien de la paix sur le continent.
L'Afrique n'a pas été épargnée par les nouveaux défis et menaces. Il est important dans ses approches que le Conseil de Sécurité agisse de manière aussi résolue et sérieuse qu'il le fait dans d'autres régions. Les doubles normes sont inadmissibles. Cette idée a déjà été énoncée dans cette salle dans l'intervention du représentant permanent de la Malaisie R.M.Isa. Nous la soutenons.
Les missions prévues du CS devront affronter et évaluer le phénomène nouveau et menaçant du continent africain qu'est la prolifération des formations armées illicites. Souvent, ces formations ébranlent les fondations constitutionnelles et même les bases de l'existence même des états souverains. En a parlé de manière très convaincante A.Ileka, représentant permanent de la RDC. Dans beaucoup de cas, elles n'ont d'autre programme que le désir de s'emparer du pouvoir à tout prix. Et le prix en deviennent plusieurs dizaines et centaines de vies des Africains paisibles. Tuant, pillant, violant les civils, en quoi ces guerriers sont-ils différents des terroristes ? L'intervention d’aujourd’hui de M.Nteturuye, représentant permanent du Burundi, témoigne que les Africains l'apprécient de la même manière. Souvent, les groupes armés agissent de l'extérieur, deviennent conducteurs des intérêts des pays voisins. Ce phénomène a pris un caractère régional, il constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales. Afin de prévenir le pire, les gouvernements sont forcés d'entrer en contact avec ces groupes armés, consentir un compromis dans le cadre du dialogue intranational. C'est explicable et compréhensible. Chaque situation exige un examen individuel. Néanmoins, cette approche mène à la légalisation des rebelles, au choix en faveur de la violence au lieu des voies constitutionnelles du règlement des problèmes intérieurs.
Les problèmes de la sécurité frontalière exigent une nouvelle vision. A force des raisons historiques, les frontières africaines ont toujours été transparentes. Cela permettait de maintenir l'étoffe des liens de parenté des tribus, de contribuer à la coopération frontalière. Aujourd'hui, la perméabilité, la vulnérabilité des frontières est devenue dans beaucoup de cas la raison du transvasement des conflits, des flux illimités du trafic d'armes, de la contrebande, de la criminalité transfrontalière, des exportations illégales des ressources naturelles, de la libre migration des groupes armés et des mercenaires. Les missions du CS devront faire attention à ce problème lourd de la déstabilisation ultérieure dans certaines régions africaines.
La Russie soutient les efforts déployés par l'ONU visant le renforcement du potentiel de pacification de l'Afrique, l'établissement d'une coopération de partenariat efficace dans le domaine de maintien de la paix. La coopération des structures pacificatrices africaines avec le G8 apparaît comme prometteur. Nous partageons les idées énoncées à ce propos par A.Pleuger, représentant permanent de la RFA. Nous notons avec satisfaction l'intensification des efforts pacificateurs de l'Union africaine, des organisations sous-régionales comme la CEEAO, la SADC, l'IGAD. Nous saluons le grand apport à la pacification de la part de plusieurs états africains. Néanmoins, nous sommes préoccupés du fait que dans certains cas, les appréciations du CS et des instances africaines ne coïncident pas, et les appels de nos partenaires de l'Afrique ne trouvent toujours pas le soutien au Conseil. Nous sommes d'accord à ce propos avec la proposition de J.Koonjul, Président du groupe régional africain, représentant permanent de Maurice, sur les consultations du CS avec l'Union africaine. Nous soutenons les idées énoncées par G.Martins, ambassadeur de l'Angola, sur la coopération avec les organisations sous-régionales. Nous devrons écouter l'opinion de la Communauté économique des états de l'Afrique centrale à propos du mandat de la MONUC, que nous a relaté B.Ikouebe, ambassadeur du Congo.
Plusieurs délégations ont mentionné aujourd'hui le moyen d'influence contre ceux qui attentent à la paix et la sécurité internationales comme les sanctions. C'est une arme très tranchante. Le régime des sanctions internationales est instauré par décision du CS. Il est obligatoire. Il est d'autant plus inadmissible que, comme vient de nous relater récemment un groupe d'experts de l'ONU, l'objet des sanctions ne sache même pas qu'il en est frappé. Le CS doit suivre plus minutieusement l'exécution de ses propres décisions. Au cours du voyage en Afrique Occidentale, le CS pourra se convaincre lui-même de l'efficacité de ses décisions concernant les sanctions contre certains états de cette région.
Le CS examine régulièrement à ses séances la situation avec le rétablissement post-conflictuel dans certains états africains. Nous sommes préoccupés par les ratés et les complications, apparus dans certains cas : le coup d'état en RCA, les difficultés du processus post-conflictuel en Guinée-Bissau. Nous espérons que dans le dernier cas, la mission du CS pourra faire son apport constructif à la poursuite progressive de ce processus.
Nous espérons que les deux Missions du CS en Afrique Centrale et Occidentale pourront prendre connaissance à la source de la situation humanitaire dans les zones des conflits. L'information qui arrive témoigne de ce que dans ces régions ont lieu des manifestations de la cruauté inhumaine, sans merci contre les civils. Avec les machetes, devenus armes d'extermination massive, on perpètre des meurtres pour tuer. On voit des manifestations incompatibles avec la civilisation du ÕÕIe siècle. Les enfants-combattants sont impliqués à la violence sans frontières. Les missions du CS devront envoyer un signe clair à ceux que cela concerne – les crimes contre l'humanité seront inévitablement déférées devant la justice. Les coupables seront punis conformément à leur crime. Nous soutenons les paroles dans ce sens d'A.Ileka, représentant spécial de la RDC. Le sang et les cendres des victimes innocentes nous y obligent.
Monsieur le Président,
Pratiquement tous les conflits africains ont la dimension régionale. De l'attitude des voisins, des autres facteurs régionaux, dépend pour beaucoup le succès ou l'échec des efforts internationaux de règlement. La Russie propose, pendant la visite de la Mission du CS de l'Afrique Centrale, de sonder, comment les états de la région des Grands Lacs voient l'idée de la prise de la Déclaration sur le bon voisinage, qui puisse se transformer en Pacte de bon voisinage. On croit que le travail à ce document va contribuer à la compréhension entre les états de cette partie du continent africain, au règlement des problèmes existants, au renforcement de la confiance entre eux. Il peut devenir un pas important sur la voie de la préparation de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Il n'existe pas de formule rapide pour résoudre les grandes tâches de règlement des conflits africains. On aura besoin des efforts ciblés polyvalents tant des amis de l'Afrique qu'avant tout, des Africains eux-mêmes. On voudrait croire que les futures missions du CS de l'ONU sur ce continent, en conformité avec les mandats approuvés, aideront le règlement des crises qui y existent, la neutralisation des nouveaux défis et menaces à l'Afrique.